C'était pas simple les deux premières fois, mais l'impression était là, une rencontre peut être ? Une vrai je veux dire... de celles dont on se souviens... voire de celles qui persévèrent. Pourtant, je mise pas peau de singe sur le prochain rendez vous... Ca va pas le faire, je sent pas l'affaire... Ca pourrait tout aussi être le contraire, mais mon cynisme indécrottable, ne m'autorise pas à penser en ces termes...Dommage, je gagnerai peut être à tomber les barrières cette fois ci, mais ca va être dur... Un reflexe de survie : l'envie de prendre mes jambes à mon cou et de retrouver mes repères, mes habitudes qui ont la vie dure...
Et c'est pourtant moi qui la relance pour la troisième fois.
M et moi, on se retrouve.
Il est 20h. Je ne suis pas en retard. Je me sent même joyeux... j'ai pris un apéro juste avant chez le voisin. Je suis léger... En fait, pas tant que ça...
Elle est assise sur un arrêt de bus, je ne l'a reconnait pas tout de suite. Je souris : Elle porte un trench coat et des lunettes noires. J'ai rendez vous avec un espion. Putain, comment elle fait pour me tirer ce sourire là... Je suis séduit, c'est sûr... C'est flagrant ! Je garde la tête froide et le sange chaud... Elle a perdu une lentille, elle me dis qu'elle est borgne, que je peux lui faire des doigts et bras d'honneur du côté droit.Elle ne verrai rien. Sauvé, Miss est aveugle...
Et puis, soudain, la soirée commence mal, elle me dit qu'il faut que l'on se dépêche. Elle a rendez vous à 23h19. Elle me charrie, je suis trop ( con ?) tendu pour le comprendre... 23h19 : C'est un rendez vous que j'aurais pû donner... Un rendez vous complice. Putain, qui c'est encore ce mec... Elle en a combien !! Je suis jaloux en plus d'être vexé. L'impression d'être un passe temps avant la fête. Un apéro léger avant le repas. Une cacahuète. Comment ai je pu la gober ! Pfff, 23h19. Trop con. Le breuvage italien du voisin m'a trahis. Il est 20h 07 et j'ai déjà envie de partir.
Nous voici à la Place Verte. J'ai soif... Et puis, je lui dit que l'on peut écourter à 22h22, histoire qu'elle ne soit pas en retard. Elle s'offusque un peu. Je la sent prête à se lever de sa chaise. Ca n'a duré qu'une seconde. Elle reste. Moi aussi. Finalement. Elle prend un coca... ( "pour enfoncer le clou" dit t'elle ). Elle m'avoue qu'elle m'a pipoté. Qu'elle n'a pas rencard. Qu'elle n'a pas eu non plus à se libérer pour ce soir... C'est à coup de ça, M, à coup de douches chaudes et de pisse froid... Et pourtant, c'est toujours elle qui prend l'initiative de détendre l'atmosphère. De lâcher le morceau. Même là, alors que j'avais tort...Je n'aurais pas du gober...
A l'autre Café. Elle commande un wok. Moi, un tartare de saumon. Un peu de Gaillac. Pas terrible le pinard. C'est moi qui l'ai choisi. On touche à peine a nos plats. On parle beaucoup. Surtout moi d'après elle. On se cherche des poux... comme à chaque fois. Le serveur nous demande si on a terminé. Je l'envoie chier, lui dit qu'on lui fera signe... C'est pas mon genre, je suis énervé. Comme souvent en sa présence. Je suis même cassant parfois. Elle me dit que je la remet à sa place... que c'est bien. En effet, je ne lui veut aucun mal, au contraire...
On se quitte finalement bien après minuit. Je suis frustré. La soirée m'a paru courte. Sur le trajet, elle fais la conversation. Je reste peu bavard. On croise Bakari, il me salue. Je lui répond un peu tard... je suis dans mes pensées. Me demande pourquoi je ne l'ai pas encore embrassé. Pourquoi n'en a t'elle pas envie. Peut être qu'au fond je n'en ai pas envie non plus. Peut être que j'ai peur simplement que son baiser me hâpe, m'empêche de dormir....Peut être que j'ai peur qu'elle me repousse. D'habitude, rien à foutre, ca passe ou ca casse et puis roule..... Putain, qu'est ce qui m'arrive ? Froussard !
Il est tôt, pourtant, je ne vais pas rejoindre Paul à l'Alimentation... Je n'en ai pas la tête...pas à ça...
Sur le trajet de retour, je croise de nouveau Bakari sur le boulevard Belleville. Il sourit de me voir rentrer seul. Il me dit qu'elle est jolie, que je n'ai pas de soucis a me faire, que je suis un bogoss. Il me fait rire. Je lui répond que je ne sais pas quoi penser. Que je ne prend pas la caboche, si ce n'est pas elle, se sera une autre, après tout...
Une vérité...oui, et ça m'attriste plutôt. Me renvoyant à mon incapacité à assumer les émotions qui me traversent... à reconnaitre quand je suis touché...
0h30. Je suis rentré.
Je recois un sms : "Bien cool cette soirée."
J'éclate de rire sur mon canapé... J'allumes un joint... J'attend un peu, puis je répond : "Les mots sont justes"
Je pense à elle.
On verra bien...
3 commentaires:
Tu as su parler du wok à ma place. Je ne l'aurai ainsi pas mangé pour rien ;-)
Mais tu ne l'as pas mangé du tout, ou quelques bouchées à peine ;-)
Moi, et mon tartare non plus d'ailleurs... Peut être maigri t'on ensemble ?
Rêveur ;-) !
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